L'architecture magique
retour vers "Internet, théâtre de mémoire"
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"L'amour est le principe qui rend la magie possible. L'amour agit magiquement". Ces quelques mots de Novalis peuvent-ils nous servir encore d'introduction ? Lorsqu'en 1957, dans son histoire de l'art intitulée L'Art Magique, André Breton s'efforçait d'en donner une explication, il n'hésitait pas à affirmer que "le complexe magico-religieux qui est à la base des activités humaines se laisse repérer jusque dans le plus utilitaire des arts". Mais c'était pour ajouter aussitôt : "celui qui se voit aujourd'hui soumis à un " fonctionnalisme " particulièrement hideux : l'architecture"(1). Contrairement donc au regard porté dans son livre à d'autres disciplines, Breton doutait sensiblement en cette matière-ci des chances de survie de l'amour. L'Art Magique en vint à passer complètement sous silence l'existence et surtout l'expérience de Frederick Kiesler. Architecte d'origine Viennoise, du proche entourage non seulement de Duchamp mais aussi de Breton, Kiesler avait pourtant imaginé très tôt l'extinction radicale du "mysticisme de l'Hygiène" et l'affaiblissement - aujourd'hui consumé - de la "superstition de "l'Architecture Fonctionnelle""(2) . Non content de les avoir ainsi nommés, il avait voué sa carrière (marginale) toute entière aux " réalités " d'une architecture en opposition à celle-ci. "Magique", Kiesler avait même tout seul énoncé comme telle sa pratique, et dès 1947, à l'occasion de la dernière grande exposition internationale surréaliste .
Kiesler visionnaire
Par "architecture magique", Kiesler voulait signifier qu'elle prenait "racine dans la totalité de l'être humain, et non dans des parties bénies ou maudites de cet être"(3). Part essentielle de sa vision, la communauté architecturale reconnaît aujourd'hui qu'il aurait multiplié à partir de cette intuition les idées précoces : qu'il s'agisse ainsi de la construction biotechnique, de la critique de l'espace perspectiviste classique, ou de la continuité entre nature et technologie - et entre l'homme et son environnement - Kiesler fut effectivement l'un des premiers à prendre acte (et différemment des "modernes") de l'imprégnation du principe d'abstraction sur son époque. Adepte d'une forme particulière de synesthie, il avait considéré le théâtre comme laboratoire d'essai idéal pour une vision globale du monde. Faisant maintenant figure de Père-fondateur d'une autre tradition architecturale moderne, "hyper" avant que "cyberspatiale", ni lui ni ses fils -"pratiquants" pour ainsi dire des très contemporaines fantaisies digitales - n'auraient jamais songé pourtant venir démentir Pierre Auger lorsque ce dernier avançait dans l'enquête préliminaire à L'Art Magique que "si la magie n'a plus de place parmi les méthodes par lesquelles l'homme peut espérer agir sur l'univers, elle en garde une encore parmi les méthodes par lesquelles l'homme essaie d'agir sur l'homme lui-même"(4). "La magie, ajoutait Auger, ne peut prétendre conjuguer les forces de la nature et celles du désir, ce rôle revient à la science et à la technique, exclusivement" (5) . Kiesler aurait seulement été tenté de lui démontrer qu'il n'est pas de science sans créativité ni de correspondance de l'expérience avec le réel qui ne passe par le stade de l'imaginaire, pas plus qu'il n'est d'ailleurs de Vouloir sans Penser ni Sentir et... corrélativement.
Techno-science et imaginaire
Ici s'entremêlent histoire de la magie et histoire des sciences, alors que la connaissance de l'homme par l'homme entre 1957 et 1997 (date de la reconnaissance par Greg Lynn ou Lars Spuybroek de la tradition de l'endlessness et du rôle augural de Kiesler) est presque parvenue à égaler celle de son univers. Sciences et techniques sont proches aujourd'hui de pénétrer ses secrets. Entre ces dates, le technicien est quelquefois venu se confondre lui-même avec ce magicien "qui veut aller trop vite, qui croit obtenir ce qu'il cherche par l'action de correspondances imaginaires" dont nous parlait déjà Pierre Auger . Les réalisations virtuelles ont réussi toutefois à actualiser ce qu'hier on croyait impossible. Neil Spiller n'en a pas moins publié Digital Dreams - Architecture and the New Alchemic Technologies et Greg Lynn, l'une des figures les plus fameuses de cette première génération digitale, se réfère à l'animisme en ouverture de sa publication intitulée Animate Forms (6). Théories et pratiques du numérique ne cessent même ailleurs de croiser la scène symbolique du théâtre. Il règne quelquefois sur le Net un curieux air de "techgnose" (7). Novak a même établi en 1991 un parallèle entre le cybernaute et le derviche tourneur (8). Breton, tête de file du Surréalisme, aurait-il sous-estimé la part magique de l'architecture comme machine, de la machine même ? Faut-il décidément s'attarder sur ces archaïsmes pour distinguer le "Moderne électronique" (Toyo Ito) du Moderne mécaniste ?
Religare et magie du lien
Sur les réticences induites par cette spiritualité, cette irruption du sacré ou ces projections de religiosité sur une technologie et ses outils, nous aimerions insister sur le fait qu'elles ont bien uniquement affaire ici avec le fait que nous soyons maintenant en mesure de construire du vivant, que nos scientifiques se sont effectivement saisi d'attributs considérés naguère comme divins. L'immortalité, par exemple, n'est plus un rêve aussi lointain. Le corps lui-même se définit aujourd'hui comme du virtuel incarné. La vie se fait langue (mathématique) depuis que la compréhension des algorithmes a ouvert la porte à un nouvel entendement de l'homme et du réel. Dieu, en somme - et si cela rassure - a bien été renversé. Chacun s'accorde alors certainement sur le fait que les principes "magiques" actuels ne concernent plus les rites de fertilité ou bien la pluie. Plus complexe demeure, à n'en pas douter, la délicate question de leur attachement ou non à ce qu'Octavio Paz nommait (toujours dans l'Art magique) les "pouvoirs d'exorcisme de la vie". L'homme pense toujours - plus que jamais ? - (r)établir son contact avec le tout, ou " rendre érotique, électrique son rapport avec le monde " par l'intermédiaire même de ses machines. Elles représentent l'incarnation concrète d'un très très vieux désir : " toucher avec la pensée et penser avec le corps. Ouvrir les portes. Retrouver l'unité. Assimiler en somme l'ancienne et encore vivante conception de l'univers comme ordre amoureux [je souligne] de correspondances et non comme une aveugle chaîne de causes et d'effets" (9). Loin de nous contredire, le dernier ouvrage d'un philosophe technophile en témoigne: Michel Serres est de ceux qui réclament - dans Hominescence - que soit enfin rétabli pour la philosophie le lien existant entre sophia et philia, science et amour. Le lien des liens, le lien de Cupidon, celui que Marsile Ficin appelait déjà la "vraie magie", celui qui relie les hommes, Serres le situe au cœur du nouveau monde, un monde dont les objets, et parmi eux au premier chef Internet, pourraient bien être susceptibles de modifier à tout jamais l'ego cartésien (10).
Intelligence vivante
Internet est effectivement de ces "objets-monde" qui nous font accéder à une échelle d'information et de savoir global. Le "cyberespace" est le lieu (sans véritable lieu) de cette communication inédite qui résulte d'une interconnexion mondiale, celle de nos ordinateurs et de leurs mémoires informatiques. Il fait échec à toute tentative de description par les seules lois classiques de la physique. C'est un espace de données (dataspace) pour les uns, d'interaction sociale quelquefois idéal (cyberutopia) pour les autres, au sein desquels bon nombre d'entre nous se rendent essentiellement pour jouer et faire habiter leur alter ego (virtuel) dans un monde de totale fantaisie. La signification psychosociale de ces jeux collectifs est d'importance dans un monde scientifique où seule une discipline, la psychanalyse, assume la lourde tâche de se préoccuper de nos arènes mentales - notons d'ailleurs qu'elle le fait essentiellement à titre individuel. Le cyberespace a ceci de particulier qu'il offre donc une scène, des masques, des vies (jusqu'à n'en plus finir) à celui d'entre nous qui le souhaite, dans des mondes parallèles quelquefois "persistants". A défaut de réellement s'y découvrir, nos egos peuvent donc s'y couvrir, s'y perdre (anonymement), naviguer, butiner, chasser, se croiser, converser (en temps réel), bref habiter et penser autrement. Or, précisément, les critères du savoir classique s'en trouvent très directement mis en jeu : après le livre et ses interprètes, le savant et son encyclopédie, le savoir s'incarne de nouveau plus dynamiquement.
C'est désormais par le biais d'une communauté humaine vivante (c'était déjà le cas avant l'écriture) et plus efficacement coordonnée que jamais, que les connaissances circulent et se métamorphosent : l'intelligence collective ou, mieux, le collectif intelligent, est venu supplanter dans nos réalités quotidiennes l'idéal premier d'intelligence artificielle. Moteur pour Pierre Lévy de la cyberculture, cette intelligence collective (qu'il a si bien décrite) est exactement la même que celle dont nous entretient Michel Serres : elle se présente essentiellement comme un mode d'accomplissement de l'humanité sans finalité. Voilà son principal caractère : infinie, cette intelligence collective apparaît d'autant moins totalisable qu'elle semble toujours en mouvement, toujours inachevée (11). A cet endroit, il nous faudra bien dire combien la nouvelle combinatoire ravive mais aussi tout à la fois se distingue d'une science de la mémoire qui permit autrefois à des hommes de saisir l'alphabet du monde - de la gnose Hermétique au savoir Rationnel le plus absolu. Où il nous faudra alors relire L'art de la mémoire de Yates et Clavis Universalis de Paolo Rossi (12).
Internet, théâtre de mémoire
"Tout autant que la recherche utilitaire d'information, c'est cette sensation vertigineuse de plonger dans le cerveau commun et d'y participer qui explique l'engouement pour Internet (…) L'accès au processus intellectuel du tout informe celui de chaque partie, individu ou groupe, et alimente en retour celui de l'ensemble. "(13) La combinaison n'est pas seulement la logique "formelle" - pour ainsi dire - propre au fonctionnement d'Internet, la caractéristique d'une économie cognitive contemporaine (pour parler encore ici comme Lévy). Elle est également la logique même par laquelle fonctionnent (et de façon naturelle) nos mémoires, nos vies, nos esprits. Quand icônes, liens hypertextes simulent les habitudes associationnelles de la mémoire, les informaticiens se révèlent friands de métaphores. Est-ce bien à eux seuls que l'on doit pourtant le grand retour des "arts de la mémoire" - dont le succès se mesure notamment à l'aune du nombre grandissant de sites qui leur sont consacrés sur la Toile ? Ce succès, Frances A. Yates en avait eu, la première, l'intuition géniale, lorsqu'elle établissait dès 1966 un lien (rapide) dans L'art de la mémoire entre les nouvelles facultés informatiques et les méthodes pré-scientifiques de mnémotechnique (14). A vrai dire, peu importe l'auteur : à l'instar de la configuration d'Internet, ce premier croisement (informatique/arts de la mémoire) en appelle surtout un second, qui justifie, celui-ci, l'idée même de ce séminaire.
Ces techniques mnémotechniques décrites par Yates et qui remontent à la nuit des temps (la Grèce antique), de ces temps où le livre et l'imprimerie n'existaient pas, ces techniques s'appuyaient en effet sur des représentations spatiales mentales (nommées loci) lesquelles étaient aussi peuplées d'images. Dans cet art, le primat de l'image (et avec lui de la vue) s'est donc affirmé en même temps qu'une perception spatialisée des choses. L'image sensible et le parcours des loci restituaient - de concert - les souvenirs. La référence architecturale de la machine pensante était alors le théâtre - même si on pouvait aussi choisir comme loci meubles-cabinets (de préférence à tiroirs) ou bien encore jardins (artificiellement embellis). Les "théâtres du monde" dits aussi "palais de mémoire" servaient donc à ne pas oublier. Avec "Internet, théâtre de mémoire", il s'agira dès lors d'appréhender une autre temporalité : celle dans laquelle le régime de figuration numérique nous a tous (architectes compris) fait basculer.
Image-souvenir, machines pensantes et documents-monuments
En attendant, et sur les rapports qu'entretient la discipline architecturale avec les esprits, la magie, la pensée, le souvenir ou la mémoire, les essais ou recueils en français sont rares (même sur Internet). Qui prendrait le risque de défier Mnémosyne à une époque où plus personne n'est élevé, de toute façon, à la lecture, par exemple, de Seznec (15)? C'est ce qu'a fait autrefois René Taylor avec son texte "Architecture and Magic" paru dans un "mélange" en l'honneur de Wittkower en 1967 . Il était consacré à la place de l'hermétisme dans l'oeuvre de l'architecte espagnol de l'Escorial, Juan de Herrera . S'il a si bien sonné dans nos oreilles en éveil, force est d'avouer que c'était après Le Rêve du Ciel et ses recherches sur la Renaissance (16). Voie d'accès possible au difficile concept d'Idea, le texte "document" de Taylor n'est pas seulement donné ici à titre d'exemple, en particulier des silences d'une histoire de l'architecture française. Certes, il illustre le crédit à accorder d'urgence au sein de notre histoire à quelques vieux principes disons "pré-scientifiques", et peut se lire comme un clin d'œil aux récents bouleversements de la sociologie par l'astrologie au sein de l'université française - loin de ressembler à la maison commune de Cupidon et Psyché dont Serres a encore l'espoir. Mais, plus encore, il nous sert de rappel (en guise d'introduction à une pratique multimédia au sein d'une école d'architecture) du lien essentiel ayant existé entre les monuments des rois et leurs bibliothèques. Ainsi abordée, la tâche proprement "architecturale" du séminaire Internet, théâtre de mémoire s'annonçerait volontiers comme celle de faire vivre en dehors de l'exclusive figée du texte ou de l'imprimé, un corpus d'oeuvres à lire, relire, traduire, analyser et surtout discuter (le plus souvent possible en ligne). De même, la redécouverte d'une conception ancienne de l'art comme résultat d'un processus magique devrait également nous encourager à redoubler d'efforts pour faire apparaître sur le Net ou du moins mieux rendre visible cette autre tradition du XX° siècle de l'architecture comme "machine" trop longtemps vouée déjà à rester secrète, une tradition d'une architecture de l'Enigme que nous avions découverte en 1988 lors d'une étude préliminaire (à une thèse) consacrée à Daniel Libeskind (17). Intéressante pour la conception active de l'image qu'elle suppose, l'architecture "magique" contemporaine a fait très partiellement l'objet d'une exposition en France, à la Fondation Cartier en 1992, sous le titre Machines d'architecture. Mais nos efforts apparaîtront là aussi sans commune mesure, puisque nous avons décidé de prendre en mains l'inscription historique de ces machines, jusqu'à les relier à de plus anciennes ou de plus récentes (18).
Savoir et pouvoir de l'image
Choses ou plutôt loci, à la fois très concrets et en même temps plutôt fluides, les objets-projets d'une architecture "magique" auront été avant ceux d'Hejduk, de Rossi ou de Libeskind (dont il sera notamment question - avec ou sans la venue de Raoul Bunschoten), d'anciens palais de mémoire, de fameux jardins du savoir, de nombreuses cités solaires (ou cosmiques), d'incroyables monts sacrés, de multiples (et presque sans fins) théâtres du monde. Ils ont été rejoints récemment par des "sites", avec leurs icônes, leurs fenêtres, leurs portails, leurs liens ou leurs hypertextes. Et même avant par des films comme Toute la mémoire du monde d'Alain Resnais qui nous servira d'ailleurs d'introduction au CDRom Immemory de Chris Marker."Il n'est dans les cieux ni sur terre de force latente ou séparée que le Mage ne puisse actualiser ou réunir" écrivait Pic de la Mirandole (19). Mariage d'amour ou de raison, religion de l'architecture ou non, cette union-ci (entre magie et mémoire et surtout architecture et informatique), ce sont des Mages qui l'ont voulue d'abord. Les "mages", Giordano Bruno les définissait comme des "homme(s) alliant le savoir au pouvoir d'agir". Relire à l'heure de la virtualisation cet ancien philosophe ne signifie pas seulement "un bon coup à jouer sur l'échiquier" de la scène architecturale - pour s'approprier encore ici ses termes (20). S'il est vrai que sa philosophie engage plus que d'autres dans l'univers des liens ou de l'image, elle incite également à se pencher sur l'âme du monde. Elle parvient, enfin, à raviver d'anciennes représentations, comme ce rêve enfoui d'une histoire transformée par la visée conjointe de la mémoire et de l'action.
Nathalie Pierron
Notes
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(1) L'Art Magique-Une histoire de l'art, Paris, Phébus, 1991, p. 131.
(2) "L'architecture magique de la salle de Superstition (...) F.K, Extrait du catalogue de l'exposition internationale du Surréalisme, Galerie Maeght, Paris, 1947" in Frederick Kiesler Artiste-Architecte, monographie Paris, Ed. du Centre G. Pompidou, 1996, p. 116. Il serait intéressant de se pencher sur la relation que cette conception entretient avec la "Mathématique sensible, architecture du temps" du peintre Surréaliste Matta Echaurren (article paru en 1938 dans le Minotaure).
(3) Idem. Et cette phrase clôt son texte. Au cours de celui-ci, Kiesler émet aussi l'idée que l'unité recherchée à l'époque contemporaine n'ait plus maille à partir avec l'au-delà comme à la Renaissance, mais avec l'ici-maintenant. Il n'est pas inintéressant d'observer que Pierre Lévy de son côté se référait justement dans Qu'est-ce que le virtuel (Paris, Découverte-Poche, 1998) au livre de Michel Serres Atlas pour démontrer (contre l'être-là Heideggerien) combien imagination, mémoire, connaissance et religion avaient été des vecteurs de virtualisation qui nous auraient fait quitter le "là" bien avant l'existence des réseaux numériques et définissait au contraire le virtuel actuel comme détachement de l'ici-maintenant (p. 17). Une réflexion sur ces distinctions ne pourrait-elle pas servir utilement à questionner la virtualisation de l'architecture ?
(4) Cf. "D. Bogner, B. Lootsma, G. Lynn, L. Spuybroek" in Cahier 6 (Rotterdam), pp. 97-106.
(5) P. Auger in "L'enquête" de L'Art Magique, pp. 288-289.
(6) Cf. N. Spiller, Digital dreams..., Londres, Ellipsis, 1998 et Greg Lynn, Animate Forms, Princeton Architectural Press, 1999.
(7) Le terme est emprunté au titre de l'ouvrage d'Erik Davis Techgnosis: Myth, Magic and Mysticism in the Age of Information, New-York, Harmony Books, 1998. Signalons dans la même verve, la référence de Pierre Lévy aux sept piliers de la sagesse (trivium et quadrivium) ou aux "chants" de la "créativité cosmique" dans Qu'est-ce que le virtuel ? (Paris, Découverte-Poche, 1998, p. 134 et p. 145).
(8) En 1991, cf. à ce sujet, "Liquid~Trans~Invisible~:The Ascent and Speciation of the Digital in Architecture. A Story." In Digital Real. First Build Projects, Francfort, Birkhäuser, DAM, 2001, pp. 214-247.
(9) Les citations d'O. Paz sont également extraites de l'enquête préliminaire à L'Art Magique (op. cit., pp. 310-312 ).
(10) Cf. Michel Serres, Hominescence, Paris, Le Pommier, 2001.
(11) Cf. Pierre Lévy, Cyberculture, Conseil de l'Europe/O. Jacob, 1997 ou Qu'est-ce que le virtuel ?, Paris, La Découverte, 1998.
(12) Cf. Paolo Rossi, Clavis Universalis, Grenoble, J. Million, coll. Krisis, 1993.
(13) In Lévy, op. cit., p. 114.
(14) F. Yates, L'art de la mémoire, Paris, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 1975.
(15) Grand classique consacré à la Renaissance, l'ouvrage de Jean Seznec La Survivance des dieux antiques (rééd. Paris, Champs-Flammarion, 1993) n'est pas seulement utile aux spécialistes de l'iconologie, de l'allégorie ou de la mythologie. Il peut servir aussi à mieux se rendre compte des chassés croisés existant à certaines périodes entre les nouvelles idées qui peuvent venir habiter d'anciennes formes et les nouvelles formes que peuvent revêtir d'anciennes idées.
(16) René Taylor, "Architecture and Magic. Considerations on the Idea of the Escorial" in Essays in the History of Architecture presented to Rudolf Wittkower (Londres, Phaidon 1967 rééd. 1969, pp. 81-109). Il s'achève sur un appendice concernant les fresques de l'Escorial et le contenu hermétique de la bibliothèque de Philippe II. Sur Le Rêve du Ciel et l'expérience magique de Chambord, se reporter au site de Changement de Temps ou au texte du catalogue "Catherine Beaugrand ? C'est arithmétique !", éditions du Patrimoine, 2000, n.p.
(17) Signalons le complet renouvellement de cette conception magique de l'art depuis l'avènement des images numériques dans l'art contemporain. Pour s'en convaincre et s'en informer, se reporter par exemple à Achille Bonito Oliva, Il Territorio Magico. Comportamenti alternativi dell'Arte, Centro DI/Edizioni, 1972. En architecture : cf. Nathalie Pierron, Daniel Libeskind: une pratique conceptuelle de l'architecture, DEA d'histoire de l'art, Université Lyon II-Lumière, 1990. Suivi de: Architecture et culture aux Etats-Unis depuis la fin des années 60: la déconstruction à l'oeuvre, thèse de doctorat soutenue à l'Université Aix-Marseille I, ss la direction du Professeur C. Massu, 1999.
(18) Machines d'architecture est une exposition qui s'est déroulée à la Fondation Cartier, à Jouy en Josas du 2.02 au 21.04.1992.
(19) 900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, trad. ss dir. de B. Schefer, Paris, Allia, 1999, p.193.
(20) Giordano Bruno, De la Magie, trad. Paris, Allia, 2000 ou Des Liens, trad. idem Allia, 2001.